Ne vous forcez pas à sourire
Dans notre chemin de développement personnel, on est confrontés au dilemme du sourire.
Et oui, si on est heureux et accompli, si on a réussi et si nos techniques marchent, on est forcément souriants. Tout le temps.
Il se crée par conséquent une certaine tension face aux difficultés et au stress: si on fait du développement personnel, si on pratique le bouddhisme ou une autre discipline spirituelle, on est censé sourire face aux adversités, être toujours de bonne humeur, et ne jamais se plaindre.
C'est totalement irréaliste, mais c'est bien un des préjugés cachés du développement personnel. Le fait est que l'idée n'est pas d'atteindre un sourire quasi-permanent comme si on était sous ecstasy. Ce qu'on veut c'est se donner les moyens de faire face et d'évoluer dans les meilleures conditions, rester calme, et retrouver la paix et une certaine satisfaction de vivre. C'est en arrivant à maîtriser son mental et ses émotions qu'on a les meilleures chances de franchir les obstacles.
Le maître ne peut pas s'énerver
Ce malentendu sous-entend la majorité des mouvements spirituels ici en occident: le refus de s'énerver, de se plaindre, d'être triste. Et le jugement d'un maître s'il manifeste de la colère ou une autre émotion "non-Zen".
Pourtant le bon maître est un être humain aussi. Il ressent des émotions, il a des rêves, des envies, un caractère. Et plus on essaye de refouler toute émotion ou comportement politiquement incorrect, plus on va s'éloigner de la voie. On va finir par exploser.
Cela se manifeste également dans le coaching: quand une personne est dans une situation difficile, on essaye de suite de l'aider et de la "sortir de là", essayant par la même de l'empêcher d'être malheureuse. Alors qu'il faut "aller chercher les gens là où ils sont", c'est à dire être avant tout à l'écoute et essayer de comprendre (empathie).
Pourtant bien des situations dans la vie sont tristes. C'est tout à fait normal de déprimer un peu, d'être "dégouté de la vie" pendant un temps, d'en avoir marre.
Mais alors, à quoi servent toutes nos pratiques d'évolution personnelle?
En résumé, je dirais: à en faire moins, et pendant moins longtemps. Certes, on peut être triste, ou perdre le moral, mais ça ne va pas jusqu'à remettre en question toute notre vie, et dès que le soleil pointe son nez, on retrouve l'équilibre plus rapidement.
Alors si vous avez des difficultés, si vous traversez une mauvaise passe, ne vous jugez pas. Ne vous forcez pas à vous en sortir ou à montrer le sourire. Tout de suite. Immédiatement. La promesse d'un bonheur instantané et permanent ne va faire que vous éloigner de la réalité et vous empêchera de trouver les solutions. Donnez un peu de liberté à vos émotions négatives. Exprimez-les.
Vous éviterez l'effet "cocotte minute", vous éviterez de faire monter la pression, et vous aurez plus de facilités à faire face à ses émotions et à leur source, pour pouvoir rebondir et aller de l'avant.
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Commentaires
c'est tout à fait ce que je pense aussi.
en effet dès qu'on déprime, on a l'habitude de voir des gens se précipiter vers soi (avec bonne intention malgré tout)...
et cela nous permet pas de prendre du recul par rapport à ce qu'on ressent, on ne prend pas le temps d'analyser le problème..
Ils désirent chercher des solutions pour nous, mais ne connaissent pas le vrai fond du problème..
c'est voir la mort de près qui sème la panique.. je crois que les gens supportent de moins en moins la douleur. alors qu'on sait tous qu'elle fait partie intégrante de toute évolution
voilà en tout cas merci pour cet article qui va en dehors des sentiers et des lieux communs
oui des fois on a envie de dire "laissez-moi déprimer tranquille!"