C'est moi qui suis stressé ou c'est mon travail qui est stressant?
En PNL (Programmation Neuro-Linguistique) on étudie le langage et la structure de la pensée humaine pour y déceler des voies de guérison et d'éveil.
Une des observations du meta-modèle (ensemble de techniques de langage de la PNL) est l'existence de "nominalisations". Il s'agit de la manière dont notre langage donne réalité et consistance à des concepts abstraits.
Par exemple:
Pour apporter de l'aide dans ce contexte il faut revenir à du concret:
En quoi était-ce difficile? Qu'est-ce que tu n'as pas réussi à faire?
Qui aime qui? Quelle action de guerre? Où?
Qui a enquêté? Sur quoi? Comment?
Des concepts abstraits
Si on se bloque sur les nominalisations "difficulté", "Amour", "enquête" on ne peut plus agir puisqu'on a retiré le verbe et le sujet. Ce n'est plus une personne qui fait ou ne fait pas quelque chose (qu'on peut changer ou améliorer), c'est un concept abstrait.
Et on ne peut pas changer ou améliorer un concept abstrait. La nominalisation nous empêche de progresser.
J'ai remarqué cette situation récemment quand une copine m'a fait passer le questionnaire sur le stress au travail diffusé dans le cadre d'un programme de gestion des risques psychosociaux (c'est le Karasek, pour ceux qui connaissent).
Beaucoup de questions étaient posées suivant le modèle "mon travail me demande...", "mon travail est..." etc.
L'idée étant de déterminer si le travail est stressant.
La responsabilité personnelle
À mon sens il y a un problème fondamental avec cette approche, dans la mesure où on élimine de l'équation la réaction de l'employé et sa capacité à gérer la situation. Peut être que le stress de l'employé est exclusivement dû au comportement et à la communication de son supérieur (il faut intervenir au niveau management). Peut être est-ce dû à son incapacité à gérer la pression du poste (il faut le former à gérer son stress personnel). Peut être sa réaction n'est-elle pas adaptée au niveau réel de stress de l'emploi ou de l'environnement (il faut le former et mieux communiquer sur les responsabilités du poste).
En réalité c'est rarement "le travail" qui est stressant
C'est qu'à trop vouloir aider les gens on les dé-responsabilise, en leur enlevant les moyens de régler le problème tous seuls.
Plus on considère des abstractions (le travail, la situation, la communication, les perspectives) et moins on est en mesure d'intervenir (qui ne fait pas quoi, quand, tu aimerais que ça se passe comment).
On rejoint l'idée bouddhiste de responsabilité personnelle. Si vous considérez que c'est votre travail qui est stressant, vous n'avez qu'un seul choix: changer de travail. Si vous considérez que c'est vous qui êtes stressé, vous pourrez intervenir pour améliorer votre réaction et rechercher la détente. Et ce, quelle que soit la cause de votre stress. Même si cela ne vient aucunement de vous.




Commentaires
-en devant répondre aux attentes des autres;
-en ayant du mal à dire non;
-en étant perfectionniste ; ou exigeant;
-en se mettant la pression;
-en étant anxieux (se faire du soucis, s'angoisser, se faire peur, ressasser, se faire des films, vision négative)
-en accordant trop d'importance au jugement ou au regard des autres
je n'irais pas jusqu'à dire que c'est une question de caractère, mais ce sont certainement des comportements et des croyances qui nous causent du stress.
mais comme les comportements et les croyances font parie de la personnalité
pour travailler cela, faut se détacher de ces mêmes trucs chez les parents, en utilisant l'hypnose ou la PNL ou l'emdr et en gommant ces schémas sur une bonne partie de sa vie.
oui c'est en "tirant les choses au clair" qu'on arrive à dissiper une grande partie du stress
Et pourtant ce boulot est le même pour toutes... c'est donc bien qu'on se stresse...
Ici, vous donnez du grain à moudre aux mauvaises langues qui voudraient justement que le stress soit UNIQUEMENT une affaire d'individu, et donc que cela ne concerne en aucun cas l'entreprise.
Ce type d'arguments légitime la passivité des entreprises à mettre en place une prévention efficace des risques psychosociaux, sur le plan organisationnel .
Par ailleurs, accepter que le stress peut également être conséquence d'une organisation du travail dysfonctionnell e permet aussi aux personnes de ne plus culpabiliser de leur propre souffrance; leur montrer que cette dernière est adaptée, au vu des dysfonctionneme nts auxquels ils sont confrontés chaque jour, peut justement leur procurer la marge de manoeuvre dont ils ont besoin pour se dégager de contextes possiblement pathogènes.
Oui c'est certain, il y a risque de justifier la passivité de l'entreprise.
Ce que je souhaite avant tout est de ramener la réaction de stress à quelque chose de précis et concret.
Cela peut très bien être "je suis stressé parce que mon manager change d'avis tous les jours". Ici la responsabilité tombe sur l'entreprise.
Je pense qu'il faut travailler sur les deux axes: reconnaissance du problème au niveau de l'entreprise pour éviter le sentiment de culpabilité, et formation des employés pour faire face dans l'immédiat et éviter le sentiment d'impuissance.
En tout cas merci pour cette remarque très judicieuse et pour avoir pris le temps de partager.
l'entreprise ne changera que quand on la stressera suffisamment... C'est à dire que quand les gens arrêteront :
-de se stresser,
-d'être perfectionniste ,
-de devoir répondre aux attentes des autres,
- de se mettre la pression,
-d'être anxieux,
-de trouver qu'il est difficile de dire non,
-ou de trouver que le travail c'est très important;
alors, ils iront voir ailleurs bien plus facilement dès que le contexte leur déplaira, dès que l'organisation sera trop déficiente...
Imaginez 1 pont avec 10 personnes qui regardent le vide, au moins une dira , "C'est affreux, comment cela me fait peur!" et 1 dira : "cela ne fait pas peur du tout". La plupart se situeront entre ces extrêmes.
Pourtant le pont est le même pour tous... Alors est ce la faute du pont
ou des personnes?
Le stress dans l'entreprise, c'est une perte d'efficacité !
Alors plutôt que d'essayer de culpabiliser l'entreprise, ce qui peut être difficile, il faut lui faire comprendre son intérêt : un gain en productivité.
Comment voulez vous arriver à dire aux entreprises "il vous faut changer de mode de fonctionnement" sans demander de changer aux personnes qui la compose?
c'est comme le patient qui va voir son médecin (ou son psy) et qui lui dit : "Docteur, guérissez moi, mais surtout ne changez rien"....
ce n'est pas aussi simple. Il y a de multiples causes du stress en entreprise et comme le disait Anne, le dysfonctionneme nt de l'entreprise y est pour beaucoup.
Pour reprendre ton analogie du pont, c'est du ressort de l'entreprise de mettre des filets de sécurité et de ne pas laisser les gens au bord du vide.
Et le problème de grand nombre d'employés est qu'il ne peuvent pas aller voir ailleurs aussi facilement.
Donc je pense qu'il faut travailler les deux aspects.
Il est vrai qu'il est parfois difficile de dire si c'est notre travail qui est stressant ou si c'est nous qui le percevons ainsi.
Le stress est je pense avant tout une affaire de caractère comme le dit Luca. Aussi, une situation ou un poste stressant pour nous, ne le sera pas forcément pour quelqu'un d'autre.
Je suis d'accord aussi pour dire que une part du stress des employés est du ressort de l'entreprise. Même si nous sommes tous différents, je pense que l'entreprise doit mettre des garde-fou afin d'éviter le stress, et à la limite, au cas pas cas.
Enfin ce n'est que mon avis.
oui je pense que c'est une question de compétences qu'on peut acquérir et que nous pouvons avoir une influence par nos actions.
Bien entendu, comme tu le dis, l'entreprise reste responsable de la manière dont les employés sont traités et du niveau de stress que la politique managériale peut engendrer.