Super Riche ou Super Pauvre
Nous avons atteint un niveau de richesse jamais égalée dans l'histoire de l'humanité. Jamais auparavant nous avons eu une telle facilité d'accès aux ressources, un tel confort quotidien.
Jamais on n'a été aussi ben soignés, nourris, logés. Aucune civilisation du passé n'a atteint notre niveau de sophistication.
Nous avons des armes d'une puissance inimaginable. Une qualité de vie inégalée.
Et pourtant...
Qu'est-ce qui ne va pas alors? Pourquoi n'est-on pas débordants de bonheur, nous réjouissant quotidiennement de notre chance et de notre gloire?
Comment justifier l'existence (et le succès) de médicaments anti-dépresseurs et anxiolytiques? Alors que même les moins avantagés d'entre nous ont accès à un confort matériel qui aurait fait rêver les plus riches d'il y a 15 ans?
Je me demande si notre définition de richesse, de succès et de bonheur ne nécessite pas une petite révision.
Il faut qu'on se pose la question: qu'est-ce qui compte le plus dans nos vies? qu'est-ce le plus important?
Qu'est-ce qui nous rend heureux? Quels sont les meilleurs moments de notre quotidien?
Et ensuite il faut qu'on regarde où on concentre la plupart de nos efforts, de nos inquiétudes, de nos soucis et de nos dépenses.
Le paradigme de l'acquisition de richesse matérielle (celui qui a le plus de jouets gagne) est obsolète, et il est en train d'être remplacé par le paradigme du meilleur surfeur (le meilleur surfeur n'est pas celui qui prend les meilleurs vagues, c'est celui qui prend le plus de plaisir dans l'eau).
Mais c'est un changement profond qui demande une adaptation sociale et culturelle, puisque tout notre modèle professionnel et économique est basé sur l'acquisition et le développement de la richesse matérielle, au détriment du bonheur simple de la vie.
La manifestation de ce conflit au niveau personnel est la surconsommation de médicaments psychotropes et au niveau professionnel, la "démocratisation" des risques psychosociaux.
Et ironiquement, nous sommes en train de nous apercevoir que ces facteurs psychologiques ont un impact direct sur le résultat financier des entreprises (efficacité, productivité, absentéisme, arrêts maladie).
C'est d'ailleurs devenu courant: "je me mets en arrêt, j'en peux plus de ce travail".
Je pense qu'il est urgent qu'on commence à se poser les bonnes questions. Qu'on commence à réevaluer notre idée du succès, du bonheur et de la réussite. Et qu'on commence à intégrer dans notre monde professionnel l'idée d’épanouissement personnel et de qualité de vie. Pour qu'on ne soit plus une des nations les plus riches de la terre, mais une des nations où on est le plus heureux.
Si vous avez aimé cet article vous pouvez le partager sur Twitter ou Facebook, et lire des articles similaires:



Commentaires
Il faudrait généraliser l'idée de BNB du Bhoutan (bonheur national brut), au détriment du PNB qui ne nous mène qu'à plus de stress, plus de gaspillage, plus de pollution…
"Science sans conscience n'est que ruine de l'âme" comme le disait déjà Rabelais au 16è siècle…
100% d'accord!
Les mentalités ont du mal à bouger...
heureusement les blogueurs sont là pour faire évoluer les choses