Le stress de lâcher prise

Dans le tir à l'arc on arrive toujours à quelques flèches de manière parfaite.

Mais on est tellement crispés quand on cherche à trop bien faire que la moitié ou un tiers des flèches partent à coté.

(Bon, dans mon cas c'est les trois quarts ;-). Mais vous voyez ce que je veux dire)

C'est une grande frustration pour l'archer qui tire une flèche parfaite de se dire que si seulement il arrivait à toutes les tirer comme ça il serait champion du monde, et de voir que plus il engage sa volonté de réussir, moins il arrive à exécuter son geste.

Pour tirer ses flèches il faut qu'il se détende, qu'il accepte le résultat et qu'il lâche prise. La difficulté réside dans le fait que si il lâche prise, il arrivera à toutes les tirer correctement, mais il en tirera moins de manière parfaite.

C'est facile dans le principe de se dire qu'il faut se détendre et laisser faire son arc. S'installer dans l'automatisme du geste. Tout le monde comprend et accepte l'idée.

Mais il faut bien être conscient de la conséquence: dans l'ensemble ça ira beaucoup mieux, mais ça n'ira jamais aussi bien que les quelques flèches parfaites qu'on a réussi à tirer en y mettant toute notre volonté.

Il en est de même dans notre vie quotidienne, quand "on s'occupe de tout". Pendant quelque temps tout a l'air de fonctionner parfaitement, et on se sent responsable de la réussite puisqu'on intervient jusque dans les moindres détails.

Mais petit à petit on commence à fatiguer, et il suffit d'un petit grain de sable dans les rouages pour que tout s'écroule: on ne peut pas tout rattraper. Pire encore, tout le monde est habitué à ce qu'on s'occupe de tous les détails, et du coup on est seuls à réparer la situation. C'est pour cela que l'idée de lâcher prise et de détente demandent en fait un certain courage: il faut accepter de dépasser ce sentiment de perfection qu'on éprouve quand "tout se passe nickel". C'est une illusion. C'est d'ailleurs de cette illusion que naît notre volonté de tout contrôler.

Le bouddhisme étant une philosophie pratique, il existe bien sûr un concept pour expliquer cette situation.

Quand le Bouddha à dit "toute vie est souffrance", le terme sanscrit employé est "dukkha". Plutôt que souffrance on pourrait dire "expérience insatisfaisante". Maître Dogen d'ailleurs disait "il nous manque toujours quelque chose, est c'est très bien". Il comprenait que cette lutte intérieure entre la recherche de la perfection et la réalité de la vie était une composante fondamentale de l'être humain, et qu'il était inutile de la rejeter.

Or, il ne faut pas confondre notre volonté d'atteindre l'excellence avec un exigence d'atteindre la perfection immédiatement. Nous avons un instinct qui nous pousse à nous améliorer et à évoluer. L'idée de perfection par contre est un jugement et une comparaison dont on peut se passer. D'ailleurs dites-vous bien qu'une fois que vous aurez atteint "cette idée de perfection", vous trouverez bien quelque chose "de plus parfait" sur lequel vous pourrez porter vos aspirations.

Et surtout quand vous essayez de lâcher prise, de prendre du recul et de vous détendre, acceptez que vous allez gagner en santé et bonheur, que vous allez augmenter l'ensemble de votre éfficacité professionnelle, mais que vous allez probablement perdre en "perfection", et qu'il y a plein de petites choses qui vont se passer moins bien que prévu.

Soyez courageux!

Articles Similaires:


Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir

Recevez le blog via e-mail

votre e-mail:


guide de gestion du stress
guide gratuit de gestion du stress