Le tir à l'arc enseigne: accepter le résultat
Réflexions sur le quotidien tirées de la pratique de l'archerie
En tirant une flèche, on ne peut pas la tirer "mieux" qu'une autre. On ne peut pas s'engager plus. on ne peux pas donner plus que 100%. Quoi que vous fassiez d'autre, de plus ou de moins que "tirer" la flèche, de manière naturelle et fluide, ne fera que crisper votre geste et "ruiner" la flèche.
Plus l'enjeu est grand, plus la motivation est forte, plus il est difficile de "juste tirer" la flèche, sans se laisser prendre au jeu de vouloir donner le maximum, ou d'en faire plus. C'est un sport tellement subtil, tellement précis, que le moindre changement dans votre attitude, votre mental ou votre technique vous fera rater la flèche.
On entend souvent dans notre société des idées du style "s'engager à 200%", "donner le maximum", "s'arracher" pour réussir. Mais dans la réalité, on ne peut que faire une action juste, adéquate et adaptée. Vouloir en faire plus nous crispera et nous éloignera de nos capacités naturelles. Et de toute manière on ne pourra pas soutenir un rythme anormalement élevé.
Alors peut être dans une compétition vraiment importante, dans un sport comme le marathon ou l'haltérophilie, on peut vraiment faire appel à des ressources profondes, et donner tout ce qu'on a. Mais c'est pour "une" compétition, un évènement, et ne peut pas s'appliquer à votre travail ou votre vie quotidienne. Même quand il s'agit d'un travail important, ou de s'occuper de vos enfants, ou d'une maladie.
On ne peut qu'agir de manière juste, équilibrée, au meilleur de sa compétence et de sa forme. Et il faut accepter le résultat. La flèche ira où elle ira, peu importe. L'important c'est de s'engager sur le pas de tir, de tirer la flèche avec force, confiance et en y mettant le coeur, mais sans essayer de trop contrôler le résultat, sans y mettre trop de son intention personnelle, et sans essayer de réussir plus que sa capacité naturelle en utilisant des astuces et des fourberies.
Le marathon est un test de l'endurance d'un homme. L'haltérophilie est un test de sa force. Le tir à l'arc est un test de son coeur. De son courage. De sa volonté à rester calme et faire ce qu'il a appris à faire et ce pour quoi il s'est longuement entraîné, sans attachement, sans se laisser perturber, sans essayer d'en faire trop et sans se relâcher.
Un peu comme la vie
Vous faites votre truc. Au mieux de vos capacités, avec les moyens dont vous disposés. Et vous acceptez le résultat, sans attente et sans attachement, sans trop chercher à contrôler et sans vouloir plus que ce qui est.
Laisser que le résultat affecte votre confiance, votre état d'esprit, et surtout votre capacité à tirer la prochaine flèche naturellement est une très bonne manière de se diriger vers l’échec.
Dans la vie tout dépend d'une rencontre, des moyens dont on dispose au départ, de son talent inné et son environnement.
L'illusion est que l'on peut contrôler certain de ces éléments.
Nous ne pouvons que faire bien ce qu'on a faire, agir au maximum de nos capacités, tirer la flèche comme on sait faire.
Ne vous attachez pas trop au résultat de vos actions. Vous pourrez corriger votre technique ou apprendre de vos erreurs, mais laissez faire la vie, elle sait mieux que vous.
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Commentaires
En tout cas, j'ai lu avec plaisir e-book et presque tous les articles.
Félicitations. Beau travail. Cathy.
Bien des personnes se sont essayées à notre sport et ont quitté l'activité en n'acceptant pas de se reconnaître au travers du résultat en cible, véritable miroir de ce que nous faisons.
Il est à noter que sur une échelle graduée de 1 à 5, le niveau d'activation mentale est de 2 alors qu'au foot, il est de 5 sur 5...